Fort de leurs succès avec "Vostok" et "Voskhod", les russes relevèrent en secret le défi en décidant d'envoyer un homme sur la Lune avant les américains. Le 26 janvier 1962, KOROLEV proposa un système de train spatial du nom de Soyouz, ce train de quatre éléments devait s'arrimer en orbite terrestre pour former un composite lunaire de 17 tonnes capable de survoler la Lune. Le 21 mars 1963 le projet du train spatial Soyouz fut adopté, il était composé :

* d'un vaisseau piloté Soyouz-A : d'un poids de 5800kg, il devait être lancé lorsque le remplissage des réservoirs du remorqueur etait terminé. Après le rendez-vous avec Soyouz-B, le train spatial devait se lancer vers la Lune. Il était conçu pour un équipage de 2 à 3 cosmonautes et possède trois compartiments.

* Le compartiment des appareils était doté d'un moteur et d'un tore largable qui contenait l'instrumentation nécessaire à la phase initiale de la mission.

* la cabine récupérable avait la forme de phare de voiture : sa portance autorisa un retour guidé. La cabine, dotée d'un ordinateur de bord, pouvait rentrer à la seconde vitesse cosmique dans l'atmosphère (11,2 km/s).

* un compartiment orbital cylindrique, non récupérable, comprenait une salle de séjour et un sas de sortie.

* du remorqueur Soyouz-B : d'un poids de 5700kg, il devait être lancé le premier, doté d'un compartiment largable contenant l'instrumentation de rendez-vous. Il était rejoint le lendemain par le 1er camion citerne.

* du camion citerne Soyouz-V : d'un poids de 6100kg, il devait contenir que du carburant. Le rendez-vous avec le remorqueur etait automatique, la pièce d'arrimage etait un système de tige mobile active avec un cône de réception passif permettant le transfert d'ergols. Une fois le combustible transféré, il etait abandonné dans l'espace. Le lendemain, un second camion citerne arrivait. Selon les besoins on pouvait ainsi lancer jusqu'à quatre Soyouz-V porteur chacun de 4 tonnes d'ergols.

La production du Soyouz nécessita l'arrêt du programme Voskhod.

Le 15 décembre 1965, le Soyouz A fut modifié en :

* vaisseau Zond : avant projet du programme de la conquête de la Lune. L'objectif était le survol de notre satellite avec 2 cosmonautes. Le vaisseau d'un poids de 5350 kg se composait d'un compartiment des appareils de 2250 kg et d'une cabine récupérable de 3100kg, il mesurait 4,1m de haut pour un diamètre de 2,72m, l'envergure était de 9 m avec les panneaux solaires déployés (surface de 11m). La cabine, d'un diamètre de 2,2m à la base était dotée de moteurs de roulis doubles, d'un parachute de 1000m et de moteur d'atterrissage en douceur. Le parachute de réserve avait été supprimé. Le module orbital avait lui aussi été supprimé, un cône le plaçait au-dessus de la capsule pour la fixation sur la coiffe de protection en cas d'utilisation de la tour de sauvetage. Le premier Zond 1 (Cosmos 146) a été lancé le 10 mars 1967. Malheureusement quand le programme de qualification du vaisseau était presque achevé en 1970, il était déjà trop tard, les Américains étaient déjà allés 2 fois sur la lune.

* variante lunaire LOK : *****

Parallèlement aux programmes lunaires, les russes continuent à développer le programme Soyouz afin d'en faire un vaisseau orbital universel de seconde génération. Il formera d'abord une station spatiale expérimentale de 12 tonnes (jonction de 2 Soyouz) puis servira de vaisseaux de transport et de sauvetage pour les stations (MIR - ISS).

Le Soyouz est un engin de 7,13m de long et de 2,65m de diamètre pour un poids de 6690kg, lancé par une fusée Soyouz, il se compose en 3 compartiments :

* Le module orbital : en forme d'uf (initialement cylindrique) de 2,65m de long et 2,25m de large il a un volume habitable de 4m3. C'est le compartiment des cosmonautes lorsqu'ils sont dans l'espace, il possède 4 hublots. A l'intérieur, il y a une couchette, une armoire, certains éléments du système de service, un panneau de contrôle et des appareils scientifiques. Sous la couchette, il y a les scaphandres de sortie, dans l'armoire la nourriture et l'eau. A l'extérieur les antennes de rendez-vous, les index lumineux et 2 caméras TV.

* La capsule de descente : en forme de phare automobile elle a 2,5m3 habitable. A l'intérieur, il y a des sièges moulés avec amortisseurs pour l'équipage (inclinés de 80 selon la direction poitrine dos), en face, le poste de direction avec le pupitre central et deux dispositifs de commande et de signalisation. Le siège central (pilote) est doté d'un viseur optique et de manettes d'orientation et de manuvre. Il y a 2 hublots latéraux. Dans la partie supérieure de la capsule, il y a deux systèmes de parachutes, dans la partie inférieure, sous le bouclier thermique largable, il y a les moteurs à poudre pour l'atterrissage en douceur.

* Le compartiment des appareils : il se compose d'une partie hermétique ou se trouvent les appareils des systèmes de bord, et une partie non hermétique abritant l'installation motrice. Le système de navigation comprend 4 gyroscopes. Les panneaux solaires de 14m fournissent le courant à bord en 27V. Les batteries sont rechargées lorsque le vaisseau est en mode d'orientation solaire. Un compartiment torique contient des batteries supplémentaires pour assurer une autonomie de vol d'un mois (le compartiment sera supprimé lorsque le vaisseau puisera son énergie sur la station orbitale). Le système de survie et de thermorégulation permet de maintenir une atmosphère convenable dans le volume habitable. Contrairement au vaisseau Voskhod, les cosmonautes sont en survêtement, ils peuvent effectuer des sorties extra-véhiculaires en scaphandre à partir du compartiment orbital (sas).

Le passage d'un vaisseau à l'autre s'effectue alors par une sortie dans l'espace. Plus tard cette pièce sera dotée d'une écoutille pour le passage dans la station orbitale. Lors des lancements, le système de sauvetage se compose d'une tour d'éjection avec un moteur à poudre de 75 tonnes de poussée qui permet d'évacuer le vaisseau (sans le compartiment des appareils) en cas d'avarie. La tour emmène l'engin à 1,2km d'altitude en quelques secondes, puis la capsule est larguée et le parachute de réserve (574m) s'ouvre. L'atterrissage s'effectue à 3 km de la plateforme de tir. 

Malheureusement le premier vol habité (Soyouz 01) se termine par la mort du cosmonaute russe KOMAROV. Après cet échec les russes réaliseront d'innombrables rendez-vous et des transferts d'équipages dans l'espace. Le 17 juillet 1975 pour la première fois dans l'histoire de la conquête de l'espace, américains et russes effectue un rendez-vous APOLLO 18 - SOYOUZ 19.

 Dès 1968, on envisage déjà des modifications à Soyouz. La nouvelle génération de vaisseau Soyouz-T diffère de son petit frère par l'utilisation de 13 nouveaux systèmes sur les 15 qui compose ce vaisseau de 6850kg. Le système de direction est doté d'un ordinateur de bord capable d'effectuer 300 000 opérations par seconde. Face au pilote se trouve l'écran de visualisation. Les deux blocs de commande et de signalisation sont maintenant intégrés au tableau de bord sous forme matricielle (81 commandes à gauche et 63 à droite). Un clavier permet de converser avec l'ordinateur. Si l'ordinateur ne peut assurer le rendez-vous automatique, il passe la commande manuelle au pilote. L'installation motrice est unifiée. La poussée des moteurs a été augmentée. Une paire de panneaux solaires (10m) a été rajoutée pour recharger les batteries chimiques. Le système de thermorégulation a été amélioré. La tour d'éjection du système de sauvetage est dotée de nouveaux moteurs à poudre. La place et le poids gagnés par la miniaturisation sont utilisés pour embarquer un troisième homme. Le scaphandre est plus léger (5kg). La durée de vie garantie est de 120 jours.

Le 21 mai 1986, un nouveau modèle de vaisseau, le Soyouz-TM est lancé. Il est doté d'un nouveau système de rendez-vous Course qui autorise un rendez-vous entièrement automatique avec survol de la station vers une pièce de jonction libre. Hormis ce système, le Soyouz-TM possède de nombreux perfectionnements. La fusée porteuse est dotée d'un nouveau moteur de sauvegarde. Le vaisseau pèse désormais 7070 kg. Un nouveau système de parachute est en tissu allégé et fibre synthétique. La durée de vie arrimée à la station est de 180 jours. Le Soyouz-TM, après avoir desservi la station Mir, est utilisé par les russes pour se rendre à la station ISS.

Le 30 octobre 2002 un nouveau modèle est mis en orbite à destination de l'ISS : le TMA . Ces nouveau vaisseaux ont été modifiés pour répondre aux exigences de la NASA (le "A" signifie anthropométrique). Ils peuvent ainsi accommoder un plus vaste éventail de passagers en terme de poids et de taille, alors que les systèmes de parachute ont été améliorés ainsi que les indicateurs de fonctionnement de l'équipement de bord. Un Soyouz TMA est capable de réaliser 14 jours de vol autonome et demeurer amarrer à la station (en état dormant) durant 180 jours. Comme ses prédécesseurs, il mesure 7,5 mètres de long, a un diamètre maximal de 2,7 mètres et une masse de 7 250 kilos. Il est doté de panneaux solaires lui conférant une envergure de 10,6 mètres et offre à ses occupants (jusqu'à trois) un volume de 9 m3.

Chronologie des vols - Fiches - Insignes